Stout de prolo / stout de richto

Un brassin, deux bières, une même couleur, deux profils. Deux facettes des stouts, entre légèreté torréfiée ou décadence au café… alors, plutôt prolo ou richto ?

Mon matériel de brassage ne me permet que difficilement de faire des bières extrêmes. Trop légères et voilà que le ratio eau/malt est déséquilibré, trop alcoolisées et le tube à malt se bouche. J’essaye donc une technique bien connue des brasseurs bricoleurs : utiliser le moût pur avant rinçage des drêches pour faire une bière forte, et récupérer le reste pour une plus accessible.

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Stout de prolo

À mon plus grand bonheur, ce qui coule en rinçant les drêches n’a rien de décoloré. C’est aussi noir que la nuit et le parfum de l’ébullition me laisse présager un bon stout bien dans les clous. Je houblonne délicatement pour ne pas noyer le torréfié sous l’amertume et obtenir une bière de tous les jours, facile à boire, à ne pas servir trop fraîche.

Pari gagné lors des premières dégustations. Boisson légère et douce bien dans ses arômes de café et pointe de réglisse sans écoeurer. On regrette qu’elle ne reste pas plus en bouche, mais pour de l’eau de rinçage et un petit 4.3% d’alcool, c’est un défaut amplement pardonnable.


Stout de richto

Décadent est le mot qui convient le mieux pour décrire ce qui pourrait s’apparenter à une baltic porter, bien plus proche d’un imperial stout que d’une Guinness avec un 7.7% d’alcool. Le seigle – qui a fait transpirer la pompe – donne une texture épaisse, presque huileuse, au breuvage. La bulle peine à s’y former, ne piquant que trop rarement le palais. C’est liquoreux, caramel, café, doucereux, un dessert auquel il ne manque rien. À 1.023 de densité finale, il reste du sucre (qui, je l’espère, ne repeindra pas ma cave !) et ça se sent. Le malt tourbé est étonnamment discret, mais s’exprimera peut-être en garde.

Il faudra effectivement attendre quelque mois pour donner le verdict définitif, ce profil de bière ne se déguste pas jeune, mais voilà qui promet du bon pour l’hiver prochain.

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